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Guide · Norme & tolérances

Jeu de pose et DTU 36.5 : les tolérances à vérifier pendant le relevé

Le jeu de pose ne se décide pas au bureau, au moment de passer la commande. Il se décide sur le chantier, face au support, quand on a encore le mètre et le niveau à la main. Voici les tolérances du NF DTU 36.5 qui se contrôlent pendant le relevé — et ce qu'on en fait quand elles sont dépassées.

Aplomb — application de relevé de menuiserie

Ce guide a été écrit avec des menuisiers poseurs, à partir de relevés réels de chantier. Notre métier : faire que la cote prise sur place arrive juste à l'atelier.

🗓️ Mis à jour le ⏱️ Lecture 10 min 🔧 Poseurs, métreurs & conducteurs de travaux 📏 Tolérances & jeux périphériques

Au sommaire

  1. Ce que couvre le NF DTU 36.5
  2. Pourquoi le jeu se décide au relevé
  3. Les tolérances du support : les valeurs à contrôler
  4. Équerrage, diagonales et baie « en losange »
  5. Le jeu périphérique matériau par matériau
  6. Ce que le type de pose change au jeu
  7. Dépose totale ou rénovation sur dormant existant
  8. Le calfeutrement admis par le DTU
  9. La check-list des contrôles à faire sur place
  10. Un relevé qui tient devant le DTU
  11. Questions fréquentes

Sur un chantier, le jeu de pose est traité comme une évidence : « on laisse 10 mm ». En réalité, c'est une valeur qui dépend du matériau, du système, de la teinte, de la dimension de la menuiserie et de l'état du support. Et surtout : elle n'a de sens que si le support respecte les tolérances prévues. Une baie hors tolérance avec un jeu théorique correct, ça donne un dormant qu'on ne peut ni caler ni calfeutrer proprement — et une reprise à votre charge.

1. Ce que couvre le NF DTU 36.5

Le NF DTU 36.5 — « Mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures » — est le document de référence français pour la pose des menuiseries extérieures, en neuf comme en rénovation, quel que soit le matériau. Il ne parle pas de fabrication : il parle de mise en œuvre. Concrètement, il traite :

Attention à une subtilité qui revient souvent en réunion de chantier : les tolérances du gros œuvre en béton et en maçonnerie ne sont pas définies dans le DTU 36.5 mais dans le NF DTU 20.1, auquel il renvoie. Pour les supports bois et métal, les valeurs figurent en annexe du 36.5 lui-même. Ça change tout dans une discussion avec le maçon : ce n'est pas « votre » norme qui impose la planéité du tableau, c'est la sienne.

À retenir : le DTU 36.5 impose au poseur de vérifier le support avant de poser. Une baie qui ne respecte pas les tolérances doit faire l'objet d'une réserve. Le poseur qui pose quand même sur un support hors tolérance en assume les conséquences — d'où l'intérêt d'avoir contrôlé, noté et daté ces valeurs au moment du relevé, pas le matin de la pose.

2. Pourquoi le jeu se décide au relevé, pas à la commande

C'est le point que presque personne ne formule. Le jeu de pose apparaît d'habitude comme une ligne de calcul : cote tableau moins jeu égale cote de fabrication. Sauf que le jeu n'est pas une constante : c'est un arbitrage. Et cet arbitrage a besoin d'informations qu'on n'a que sur place.

Face au support, vous voyez ce que la commande ne verra jamais : un tableau qui part de 12 mm entre le haut et le bas, un appui creux au milieu, un linteau qui a bougé, un doublage de 100 mm qui impose une tapée, une brique éclatée à l'angle qui ne tiendra pas une cheville. Chacune de ces observations pousse le jeu dans un sens : plus de jeu pour rattraper un défaut, moins de jeu quand le tableau est propre et qu'on veut préserver la surface vitrée.

Un jeu décidé au bureau, sur une cote isolée, c'est un jeu appliqué à un support imaginaire. C'est exactement pour cela que ces contrôles appartiennent à la méthode de prise de cote sur chantier : mesure en trois points, diagonales, aplomb, niveau, état du support. Le calcul qui en découle — passer de la cote relevée à la cote à fabriquer — est détaillé de son côté dans le guide sur la cote tableau, la cote de fabrication et la cote hors tout. Ici, on reste sur les valeurs à contrôler et sur ce qu'elles autorisent.

3. Les tolérances du support : les valeurs à contrôler

Voici les ordres de grandeur les plus couramment retenus pour une baie destinée à recevoir une menuiserie extérieure. Ils se contrôlent avec un mètre, un niveau et une règle — rien d'autre.

Ce qu'on contrôleTolérance couranteComment on le mesureCe que ça change si c'est dépassé
Dimensions de la baie
(largeur et hauteur)
± 10 mm Trois mesures en largeur, trois en hauteur ; on retient la plus petite et on note l'écart Baie trop petite : la menuiserie ne rentre pas. Trop grande : le jeu devient un vide que le calfeutrement ne comble plus
Faux-aplomb du tableau 2 mm / m Niveau posé sur le tableau, mesure de l'écart en haut et en bas Le dormant ne se règle plus d'aplomb sans manger le jeu d'un côté
Défaut d'horizontalité 2 mm jusqu'à 1,50 m
3 mm au-delà
Niveau sur le linteau et sur l'appui, sur toute la largeur Traverse haute ou basse hors niveau : quincaillerie qui force, ouvrant qui frotte
Dénivelé de l'appui 3 mm / m
plafonné à 10 mm
Règle posée sur l'appui, mesure des creux à la cale ou au mètre Calage instable, appui qui retient l'eau, étanchéité basse compromise
Équerrage (diagonales) ≈ 5 mm d'écart Mesure des deux diagonales, d'angle à angle opposé Baie en losange : jeu inégal, calage asymétrique, à signaler au fabricant
Planéité du tableau Selon support Règle appliquée sur le tableau, recherche des bosses et des creux Bande précomprimée qui ne comprime pas partout : fuite d'air localisée

Référence : NF DTU 36.5 — Mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures (CSTB). Les tolérances du gros œuvre béton et maçonnerie relèvent du NF DTU 20.1 ; celles des supports bois et métal figurent en annexe du NF DTU 36.5. Les valeurs ci-dessus sont des ordres de grandeur de terrain : en cas de litige, c'est le texte en vigueur et les documents particuliers du marché qui font foi.

Le piège du « ça passera » : la tentation, face à un tableau qui part de 15 mm, est de garder la plus petite cote et de ne rien dire. La menuiserie rentrera, effectivement. Mais elle rentrera avec 25 mm de jeu d'un côté et 5 mm de l'autre — donc un calfeutrement impossible à réaliser correctement sur le côté large, et une fixation qui traverse un vide. Le défaut se voit à la pose, se paie en reprise, et se serait réglé en une ligne écrite le jour du relevé.

4. Équerrage, diagonales et baie « en losange »

Le contrôle des diagonales prend dix secondes et c'est celui qu'on oublie le plus. On mesure d'angle à angle opposé, dans les deux sens. Deux diagonales égales : la baie est d'équerre. Un écart de quelques millimètres, disons jusqu'à environ 5 mm : c'est la vie normale d'une maçonnerie, ça se rattrape au calage.

Au-delà, la baie est en losange. Le mot compte, parce qu'il décrit le problème mieux qu'une valeur : les angles ne font plus 90°, et un dormant rectangulaire posé dans un losange laisse un jeu qui varie sur la hauteur. Trois conséquences immédiates :

La bonne pratique : noter les deux diagonales sur le relevé, en clair, pas seulement leur écart. Un fabricant qui voit « D1 = 2 412 / D2 = 2 389 » comprend immédiatement de quoi il s'agit. Un fabricant qui reçoit « ouverture hors d'équerre » ne peut rien en faire.

jeu jeu jeu haut jeu bas Tableau maçonné Dormant · le jeu court sur les 4 côtés
Le jeu périphérique n'est pas une marge d'erreur : c'est le volume où l'on cale, règle et calfeutre.

5. Le jeu périphérique matériau par matériau

Le jeu périphérique varie d'abord avec le matériau du dormant, parce que chaque matériau se dilate différemment. Le PVC est celui qui travaille le plus sous l'effet de la chaleur, l'aluminium se situe entre les deux, le bois bouge peu thermiquement mais réagit à l'humidité. La teinte joue également : un dormant sombre en plein sud monte beaucoup plus haut en température qu'un blanc.

Matériau du dormantJeu périphérique courantPourquoi cette valeur
PVC blanc≈ 5 mmDilatation forte mais échauffement limité par la teinte claire
PVC teinté / plaxé≈ 7 mmMême matériau, mais température de surface nettement plus élevée
Bois≈ 7 mmPeu de dilatation thermique, mais variations dimensionnelles liées à l'humidité
Aluminium≈ 10 mmJeu minimal usuellement exigé, calage et fixation compris
Aluminium teinte sombrejusqu'à 12 mmÉchauffement important en façade exposée, grandes dimensions

Ordres de grandeur les plus fréquemment rencontrés. La valeur applicable reste celle du système de pose et de la fiche du fabricant, qui tient compte de la dimension de la menuiserie, de l'exposition et du type de calfeutrement retenu.

Deux réflexes de terrain autour de ce tableau. Le premier : le jeu se raisonne par côté, pas en total. « 10 mm de jeu » veut dire 10 mm à gauche et 10 mm à droite, soit 20 mm à retrancher sur la largeur du tableau. C'est une confusion classique et elle se paie cher. Le second : sur une grande baie, le jeu ne se contente pas d'absorber la dilatation, il absorbe aussi la flèche du linteau. Sur les grandes largeurs, le jeu haut est souvent majoré par rapport aux valeurs du tableau — le fabricant le précise dans sa notice.

Le cas de l'enduit : en neuf, on relève souvent une baie avant que l'enduit intérieur ne soit fait. Il faudra alors tenir compte de l'épaisseur qui viendra réduire le tableau — de l'ordre d'une quinzaine de millimètres par côté selon le système. Notez toujours sur le relevé si la cote est prise brute de maçonnerie ou finie : cette seule mention évite une des erreurs les plus coûteuses du métier.

6. Ce que le type de pose change au jeu

Le DTU 36.5 distingue les configurations de pose, et chacune déplace le point de mesure — donc le jeu à appliquer. Ce n'est pas un choix esthétique : c'est le support qui l'impose.

Pose en tunnel

Le dormant se loge dans l'épaisseur du tableau. Le jeu court sur les quatre côtés du tableau maçonné : c'est la configuration où les tolérances de la baie sont les plus critiques.

Pose en applique

Le dormant vient s'appliquer contre le nu intérieur, devant le doublage. Le jeu latéral se raisonne par rapport au tableau, mais la tapée et l'épaisseur de doublage deviennent des cotes à relever à part entière.

Pose en feuillure

Le gros œuvre présente une feuillure maçonnée. On mesure de fond de feuillure à fond de feuillure et le jeu s'applique à cette cote, pas au nu du mur — erreur fréquente.

Pose sur dormant conservé

Le support n'est plus la maçonnerie mais l'ancien dormant. Le jeu propre au système de rénovation est généralement plus faible : on mesure à l'intérieur de l'ancien bâti, au plus étroit.

Un point sur lequel il vaut la peine d'être précis dans le relevé : en applique, deux cotes coexistent et se confondent facilement — le tableau maçonné et l'épaisseur du doublage isolant qui détermine la tapée. Une menuiserie livrée avec une tapée de 100 mm sur un doublage de 120 mm ne se rattrape pas sur le chantier. Notez l'épaisseur du doublage mesurée, pas celle annoncée au téléphone.

Les contrôles du DTU, cochés et horodatés sur place

Diagonales, faux-aplomb, niveau de l'appui, état du support : dans Aplomb, ce sont des champs à remplir pendant le relevé, avec la photo attachée à la menuiserie concernée. Le relevé sort daté, avec les écarts constatés écrits noir sur blanc — de quoi poser une réserve sur le support au lieu de la découvrir le matin de la pose.

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7. Dépose totale ou rénovation sur dormant existant

Sous l'angle des tolérances, le débat entre dépose totale et rénovation sur dormant conservé se résume à une question simple : quel est le support que je dois réceptionner ?

En dépose totale, l'ancien bâti est intégralement retiré. Le support redevient la maçonnerie et toutes les tolérances vues plus haut s'appliquent, comme en neuf. Le piège est temporel : si vous relevez avant la dépose, l'ancien dormant masque encore la maçonnerie et vous cotez sur une valeur qui n'existera plus. Sur un chantier où la dépose n'est pas faite, la seule chose honnête à écrire sur le relevé est « cote sous réserve de dépose », avec une estimation de l'épaisseur du bâti à retirer.

En rénovation sur dormant existant, le support devient l'ancien dormant. Les contrôles changent de nature : on ne réceptionne plus une maçonnerie, on juge un ouvrage existant. Il faut vérifier que l'ancien dormant est sain (pas de bois pourri, pas de PVC fissuré), qu'il est solidaire du gros œuvre, qu'il est lui-même à peu près d'aplomb et d'équerre, et que sa section permet la fixation du nouveau dormant. Un ancien bâti qui bouge sous la main disqualifie la rénovation partielle, quelle que soit l'économie annoncée au client.

Ce qui se perd le plus souvent : l'état réel de l'ancien dormant. C'est une observation qui ne survit pas à la mémoire d'une journée à cinq chantiers. Une photo par menuiserie, prise au moment du relevé, règle la question — et sert de preuve si le client conteste la nécessité d'une dépose totale.

8. Le calfeutrement admis par le DTU

Le jeu de pose n'a d'intérêt que par ce qu'on met dedans. Le DTU 36.5 encadre les modes de calfeutrement du joint périphérique, et c'est là qu'une confusion répandue mérite d'être dissipée.

Les solutions couramment admises reposent sur trois familles :

La mousse polyuréthane expansive n'est pas une étanchéité. C'est un produit de remplissage et de calage, utile pour combler un vide et améliorer la continuité de l'isolation. Elle ne constitue pas à elle seule l'étanchéité à l'eau et à l'air du joint périphérique. Un chantier où la mousse fait office de calfeutrement est un chantier qui présentera des entrées d'air, et une non-conformité facile à démontrer.

Conséquence directe pour le relevé : le mode de calfeutrement retenu conditionne le jeu à prévoir. Une bande précomprimée impose une plage d'épaisseur ; un mastic impose un rapport largeur/profondeur de joint. Autrement dit, on ne peut pas fixer le jeu sans savoir comment on va étancher. C'est une décision de chantier, prise devant le support.

9. La check-list des contrôles à faire sur place

Ce qui suit tient en cinq minutes par menuiserie, une fois le geste installé. C'est le minimum pour qu'un relevé soit défendable :

  1. Largeur en 3 points (haut, milieu, bas) et hauteur en 3 points (gauche, centre, droite). On retient la plus petite valeur, on note les trois.
  2. Les deux diagonales, en valeur, pas en appréciation.
  3. L'aplomb des deux tableaux, au niveau, avec l'écart mesuré en haut et en bas.
  4. Le niveau du linteau et de l'appui, sur toute la largeur, plus la recherche des creux à la règle.
  5. La nature et l'état du support : parpaing, brique, béton, ossature bois, ancien dormant ; angles épaufrés, fissures, présence d'un ancien scellement.
  6. L'épaisseur du doublage mesurée, s'il y en a un, et la tapée qui en découle.
  7. Le coffre de volet roulant existant ou à prévoir, ses dimensions, et s'il est conservé ou déposé.
  8. Une photo de l'ouverture entière et une des points singuliers (appui, angle abîmé, ancien dormant).
  9. Le mode de calfeutrement envisagé, qui conditionne le jeu retenu.
  10. La mention brute / finie de la cote, et le type de pose retenu.

Ces dix points forment l'ossature d'un document de relevé exploitable. Si vous travaillez encore sur papier, ils gagnent à figurer en cases pré-imprimées plutôt qu'à être écrits de mémoire : c'est exactement l'objet du modèle détaillé dans le guide de la fiche de prise de cote menuiserie. Et si vous voulez la version courte de ce qui se perd quand ils sautent, la liste des erreurs de prise de cote qui coûtent une menuiserie reprend chacun de ces oublis avec sa conséquence chiffrée.

📷Emplacement conseillé : une photo réelle de chantier montrant le contrôle du niveau sur un appui, ou le jeu périphérique visible avant calfeutrement. Une photo prise par vous vaut mieux qu'un schéma parfait.

10. Un relevé qui tient devant le DTU

Il n'y a pas de secret : les tolérances du NF DTU 36.5 ne servent à rien si elles sont lues au bureau et oubliées sur le chantier. Leur valeur tient à un geste — mesurer, comparer à un seuil, écrire l'écart. Trois mouvements qui prennent moins de temps que le coup de téléphone qu'on passera au fabricant si on les saute.

Le reste de la démarche — le matériel, la mesure en trois points, le sens d'ouverture, les divisions, le report des cotes — est traité dans le guide complet du relevé de menuiserie sur chantier. Et si vous relevez plusieurs menuiseries à la suite, la question devient celle du support de saisie : carnet, tableur ou application. Ce que le numérique change concrètement sur ce point est détaillé dans le guide du relevé de cotes sur tablette et mobile — le principal apport n'étant pas la mesure elle-même, mais le fait que les contrôles deviennent des champs qu'on ne peut plus oublier de remplir.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le jeu de pose exactement ?
Le jeu de pose est l'espace laissé volontairement entre le dormant de la menuiserie et le support, sur toute la périphérie. Il sert à trois choses : introduire la menuiserie dans la baie, la caler et la régler d'aplomb, puis loger le calfeutrement. Ce n'est pas une marge d'erreur : c'est un volume de travail dont la valeur est fixée par le système de pose et le fabricant.
Quelle tolérance dimensionnelle admet le DTU 36.5 sur la baie ?
L'ordre de grandeur couramment retenu pour une baie en maçonnerie est de ±10 mm sur la largeur et sur la hauteur. Les tolérances du support relèvent du NF DTU 20.1 pour le béton et la maçonnerie, et de l'annexe du NF DTU 36.5 pour les supports bois et métal. Une baie hors tolérance ne s'ignore pas : elle se note sur le relevé et se signale avant la commande.
Quel jeu périphérique prévoir selon le matériau ?
Les valeurs les plus couramment retenues sont de l'ordre de 5 mm pour le PVC blanc, 7 mm pour le PVC teinté et pour le bois, 10 mm pour l'aluminium et jusqu'à 12 mm pour l'aluminium en teinte sombre. Ces valeurs varient selon le système : la fiche de pose du fabricant fait foi, surtout sur les grandes dimensions et les expositions plein sud.
Quel faux-aplomb est toléré sur un tableau ?
L'ordre de grandeur admis est de 2 mm par mètre de hauteur. Sur un tableau de 2,15 m, cela représente environ 4 mm entre le haut et le bas. Au-delà, le calage ne rattrape plus le défaut sans réduire le jeu d'un côté au point de compromettre le calfeutrement.
Quelle tolérance sur l'horizontalité de l'appui ?
On retient couramment 2 mm jusqu'à 1,50 m de largeur, puis 3 mm au-delà, pour le défaut d'horizontalité. Pour le dénivelé de l'appui lui-même, l'ordre de grandeur est de 3 mm par mètre, plafonné à 10 mm sur la longueur totale. Un appui creux ou bombé se relève au niveau et à la règle, pas à l'œil.
Comment vérifier l'équerrage d'une baie ?
On mesure les deux diagonales, d'angle à angle opposé. Si elles sont égales, la baie est d'équerre. Un écart de l'ordre de 5 mm reste rattrapable au calage. Au-delà, la baie est « en losange » : il faut le noter sur le relevé, car cela influe sur le calage, sur la quantité de calfeutrement et parfois sur le choix du type de pose.
La mousse polyuréthane expansive est-elle une étanchéité ?
Non. La mousse polyuréthane expansive est un produit de remplissage et de calage : elle ne constitue pas, à elle seule, l'étanchéité à l'eau et à l'air du joint périphérique. Le calfeutrement se fait par mastic sur fond de joint, par bande précomprimée imprégnée adaptée, ou par un profilé complémentaire — selon ce que prévoit le système.
Le jeu de pose se décide-t-il au relevé ou à la commande ?
Au relevé. C'est sur le chantier, face au support, qu'on voit l'état du tableau, le faux-aplomb, l'appui, la présence d'un doublage ou d'une tapée. À la commande, il est trop tard : on applique une valeur théorique à une baie qu'on ne voit plus. C'est pour cela que les contrôles du DTU 36.5 appartiennent au relevé, pas au bureau.
Faut-il un jeu différent en dépose totale et en rénovation sur dormant existant ?
Oui, parce que le support change. En dépose totale, on revient à la maçonnerie et on applique le jeu périphérique au tableau maçonné. En rénovation sur dormant existant, le support devient l'ancien dormant : on mesure au plus étroit à l'intérieur de celui-ci et on retranche le jeu propre au système de rénovation, généralement plus faible. Il faut aussi contrôler que l'ancien dormant est sain et solidaire du gros œuvre.
Que noter sur le relevé quand une tolérance est dépassée ?
La valeur mesurée, l'endroit où elle a été prise, et une photo. Un écart signalé devient une réserve sur le support, à traiter avant la pose. Un écart non signalé devient un problème de pose, donc une reprise à votre charge. La différence entre les deux tient à une ligne écrite sur le relevé, le jour du relevé.

Un relevé qui garde la trace des écarts.

Diagonales, aplomb, niveau d'appui, photos du support : relevez-les une fois, sur place, et sortez un PDF daté pour l'atelier. Gratuit, sans carte bancaire, fonctionne hors réseau.

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