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Guide · Calcul de la cote

Cote tableau, cote de fabrication, cote hors tout : ne plus se tromper de cote

Trois mots, trois dimensions différentes, et une seule qui part à l'usine. La cote de fabrication est celle que la machine exécute : elle ne se discute pas, elle ne se rattrape pas. Voici comment passer proprement de la cote relevée sur le chantier à la cote qui sera usinée, pose par pose.

Aplomb — application de relevé de menuiserie

Ce guide a été écrit avec des menuisiers poseurs, à partir de relevés réels de chantier. Notre métier : faire que la cote prise sur place arrive juste à l'atelier.

🗓️ Mis à jour le ⏱️ Lecture 7 min 🔧 Menuisiers, poseurs & métreurs 📏 Tableau · hors tout · fabrication

Au sommaire

  1. Les trois cotes, et à qui elles servent
  2. Qui applique le jeu : vous ou l'usine ?
  3. Le calcul, type de pose par type de pose
  4. La cote dos de dormant en rénovation
  5. Les cotes qui bougent après votre passage
  6. Écrire la cote sans laisser d'ambiguïté
  7. Le contrôle des cinq minutes avant commande
  8. Questions fréquentes

Sur un chantier, personne ne se trompe en mesurant. On se trompe en nommant ce qu'on a mesuré. Un métreur relève un tableau maçonné, écrit « 1200 × 1400 » sur son carnet, l'atelier lit une cote de fabrication, et la fenêtre arrive 10 mm trop large pour rentrer dans un trou qui, lui, n'a pas bougé. Le mètre était bon. C'est l'étiquette qui manquait.

1. Les trois cotes, et à qui elles servent

Le vocabulaire du métier distingue trois dimensions. Elles décrivent le même ouvrage à trois moments différents de sa vie.

Cote tableau

La dimension de l'ouverture dans le mur, d'une joue à l'autre et de l'appui au linteau. C'est la cote du maçon et du métreur : elle décrit le trou, pas la menuiserie.

Cote hors tout

L'encombrement de la menuiserie finie, dormant compris, mesuré au plus large et au plus haut. C'est la cote du poseur : elle dit si l'ouvrage rentre.

Cote de fabrication

La dimension à laquelle le dormant est débité et assemblé. C'est la cote de l'atelier. Dans la plupart des systèmes elle se confond avec le hors tout — sauf quand un accessoire déborde.

Entre la cote tableau et la cote de fabrication, il y a le jeu de pose : l'espace périphérique qu'on réserve autour du dormant pour l'insérer, le caler, le fixer et l'étancher. Ce jeu n'est pas du confort, c'est une exigence de mise en œuvre — et il varie selon le matériau, la teinte et le système.

jeu Cote tableau — l'ouverture dans le mur Cote de fabrication — ce que l'usine débite
Cote tableau moins le jeu périphérique : la cote de fabrication en pose tunnel.
La phrase à retenir : l'usine fabrique exactement ce qu'on lui donne. Elle ne vérifie pas votre chantier, elle ne corrige pas une cote qui lui paraît large. Une cote de fabrication fausse ne devient pas une erreur d'atelier : elle reste une erreur de relevé, à votre charge, avec un délai de refabrication en prime.

2. Qui applique le jeu : vous ou l'usine ?

C'est la vraie question, et elle se tranche avant d'écrire le premier chiffre. Deux façons de travailler, toutes les deux valables — mais jamais à moitié.

Ce qui ne marche pas, c'est le mélange : trois lignes en cote tableau et deux en cote de fabrication sur le même bon de commande, sans mention. Personne à l'atelier ne devinera lesquelles. Et si vous ne devez retenir qu'une règle de ce guide : une cote sans étiquette n'est pas une cote.

Le piège du devis repris tel quel : une cote saisie en phase devis, à partir d'un plan d'architecte, est presque toujours une cote tableau théorique. Elle n'a pas vocation à partir en fabrication. Entre le plan et le mur construit, il y a l'épaisseur d'enduit réelle, un linteau qui a bougé, un appui coulé 12 mm trop haut. La cote de fabrication se calcule après relevé sur l'ouvrage exécuté, jamais avant.

3. Le calcul, type de pose par type de pose

Le type de pose décide du sens de l'opération. En tunnel et en feuillure, on retranche. En applique, on ajoute, parce que la menuiserie recouvre l'ouverture au lieu d'y entrer. Repérez-le avant de sortir le mètre : la méthode complète de prise de cote sur chantier détaille comment identifier une pose sur un support existant.

Type de poseCote relevée sur le chantierOpération vers la cote de fabricationÀ préciser au fabricant
Neuf / tunnel Tableau maçonné, 3 points, au plus étroit − le jeu périphérique, sur chaque côté Matériau, teinte, tableau brut ou enduit
Applique Tableau + surface d'appui intérieure disponible + le recouvrement, souvent 50 à 70 mm en largeur et 30 à 40 mm en hauteur Épaisseur du doublage, tapée, présence d'un coffre
Feuillure Fond de feuillure à fond de feuillure − le jeu, sur la cote de fond de feuillure Profondeur et état de la feuillure
Rénovation
(dépose partielle)
Dos de dormant, au plus étroit − le jeu du système rénovation Section et état de l'ancien dormant conservé
Dépose totale Tableau maçonné, une fois l'ancien bâti retiré − le jeu périphérique, comme en neuf Réservation à reboucher, appui à reprendre

Les valeurs de jeu, elles, ne s'inventent pas. Elles dépendent du matériau et de la teinte — un PVC blanc, un PVC coloré, un bois et un aluminium en finition sombre ne réclament pas le même espace périphérique, parce qu'ils ne se dilatent pas de la même façon. Ces chiffres, ainsi que les tolérances dimensionnelles admises sur la baie, sont détaillés dans notre guide sur le jeu de pose et les tolérances du NF DTU 36.5. En cas de doute, c'est toujours la fiche de pose du système qui fait foi.

4. La cote dos de dormant en rénovation

C'est le calcul qui fait le plus de dégâts, parce qu'il y a deux occasions de se tromper au lieu d'une.

En dépose partielle, l'ancien dormant reste en place. La nouvelle menuiserie vient se poser dessus, sur son dormant de rénovation. La cote utile n'est donc plus le tableau maçonné — que vous ne verrez même pas — mais le passage libre à l'intérieur de l'ancien bâti, mesuré de fond de feuillure à fond de feuillure, au plus étroit des trois points. C'est ce qu'on appelle la cote dos de dormant.

Deux erreurs se répètent chantier après chantier :

  1. Mesurer l'ancien ouvrant au lieu de l'ancien dormant. On se retrouve avec plusieurs centimètres d'écart, dans le mauvais sens, et une menuiserie qui flotte.
  2. Prendre la cote au nu du dormant et non au fond de feuillure. Selon le profil de l'ancien bois, l'écart va de quelques millimètres à plus d'un centimètre par côté.

Ajoutez à cela un point que les configurateurs ne demandent jamais : l'ancien dormant est-il sain, d'aplomb et bien fixé ? Un bâti pourri en pied ou désolidarisé de la maçonnerie ne se conserve pas, et la question redevient celle de la dépose totale — avec une cote tableau à relever, donc un déplacement de plus. Notez-le et photographiez-le pendant le relevé, pas après.

Le jeu de pose appliqué tout seul, sans calcul mental

Sur Aplomb, vous saisissez la cote relevée et le type de pose : l'application affiche la cote de fabrication déduite à côté de la cote tableau, les deux sur le même schéma coté. Plus d'addition au stylo sur un capot de camionnette, plus de doute sur ce qui part à l'atelier — et le PDF part avec les deux cotes clairement nommées.

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5. Les cotes qui bougent après votre passage

Une cote juste le jour du relevé peut devenir fausse le jour de la pose, sans que personne n'ait mal mesuré. Trois causes, toujours les mêmes.

L'enduit et la finition du tableau

Un tableau brut est plus large qu'un tableau fini. Si l'enduit intérieur, le doublage ou la bande de plâtre restent à faire au moment du relevé, la cote que vous lisez n'est pas celle que la menuiserie trouvera. On retranche donc l'épaisseur prévue sur chaque joue — de l'ordre de 15 mm par côté dans beaucoup de cas, mais c'est au maçon ou au plaquiste de vous donner sa valeur réelle. En hauteur, même raisonnement au linteau, et surtout à l'appui si une chape ou un carrelage est encore à couler.

L'épaisseur de doublage

Elle ne change ni la largeur ni la hauteur, et c'est précisément pour ça qu'on l'oublie. Elle décide en revanche de la profondeur du dormant et de la tapée à commander. Un doublage 100 + 10 et un doublage 140 + 13 n'appellent pas la même tapée. Sans cette information, la menuiserie arrive à la bonne cote et ne se raccorde pas à la finition intérieure : il faut recouper, rapporter, bricoler — sur un ouvrage neuf.

Le coffre de volet roulant et le seuil

Le coffre mange de la hauteur en partie haute ; un seuil PMR ou une bavette rapportée peuvent déborder du dormant. Ce sont exactement les cas où cote hors tout et cote de fabrication cessent de se confondre. Écrivez alors noir sur blanc si votre cote inclut ou non ces accessoires. Ce niveau de détail, avec le repère de chaque menuiserie, se prépare directement sur la fiche de prise de cote à remplir sur le chantier, champ par champ.

6. Écrire la cote sans laisser d'ambiguïté

Une cote se transmet à trois personnes au moins : le métreur, l'atelier, le poseur. Aucune d'elles ne doit interpréter. La notation qui tient debout comporte cinq éléments.

Quand ces cinq éléments partent ensemble vers l'atelier, le bon de commande se remplit sans arbitrage. C'est la logique du tableau de relevé et de la nomenclature des menuiseries, qui structure ces informations ligne par ligne, du chantier jusqu'à la commande.

7. Le contrôle des cinq minutes avant commande

Avant de valider, cinq vérifications. Elles coûtent cinq minutes et évitent des semaines de délai.

  1. Chaque ligne porte-t-elle son étiquette de cote ? Tableau ou fabrication, jamais implicite.
  2. Le jeu a-t-il été appliqué une fois — et une seule ? La double déduction, une fois par le métreur et une fois par le configurateur, produit une menuiserie flottante et un calfeutrement impossible à tenir.
  3. La cote retenue est-elle bien la plus petite des trois mesures ? C'est elle qui garantit que l'ouvrage rentre partout.
  4. Les diagonales et l'écart entre les trois points sont-ils notés ? Un tableau en losange ne se corrige pas à la commande, mais il se signale.
  5. Les accessoires débordants sont-ils qualifiés ? Tapée, seuil, bavette, coffre : dedans ou dehors de la cote annoncée.

Ces cinq points ne sont pas de la théorie : ils recoupent presque exactement les erreurs de prise de cote qui coûtent une menuiserie. La différence entre une entreprise qui refabrique deux fenêtres par an et une qui n'en refabrique aucune tient rarement au niveau technique. Elle tient à cette relecture-là.

Un mot sur l'outil : le calcul en lui-même est trivial — une soustraction. Ce qui se trompe, c'est la chaîne : la cote lue sur un carnet mouillé, recopiée le soir dans un tableur, retapée le lendemain dans un configurateur. Trois saisies pour un seul chiffre. Un relevé de cotes sur tablette ou mobile supprime les deux dernières, et c'est là que se joue l'essentiel du gain — pas dans la soustraction.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre cote tableau et cote de fabrication ?
La cote tableau est la dimension de l'ouverture dans le mur, telle qu'elle se mesure sur le chantier. La cote de fabrication est la dimension à laquelle la menuiserie sera réellement usinée. On passe de l'une à l'autre en appliquant le jeu de pose du système : selon le type de pose, on retranche ce jeu de la cote tableau, ou on ajoute un recouvrement.
Cote hors tout et cote de fabrication, est-ce la même chose ?
Dans la très grande majorité des cas oui : la cote hors tout est la dimension de la menuiserie finie, dormant compris, et c'est bien elle que l'usine fabrique. La nuance apparaît quand des accessoires débordent du dormant — tapée, aile de recouvrement, bavette, seuil, coffre de volet roulant. Précisez alors si votre cote inclut ou non ces éléments.
Qui calcule la cote de fabrication : le poseur ou le fabricant ?
Cela dépend de ce que vous transmettez. Si vous donnez une cote tableau accompagnée du type de pose et du système, le fabricant applique lui-même le jeu et engage sa responsabilité sur le calcul. Si vous donnez directement une cote de fabrication, l'usine l'exécute telle quelle : l'erreur éventuelle est à votre charge. Écrivez donc toujours, en toutes lettres, laquelle des deux vous donnez.
Quelle cote donner pour une pose en applique ?
En applique, la menuiserie ne rentre pas dans le tableau : elle vient se plaquer contre le mur intérieur et recouvre l'ouverture. Sa cote de fabrication est donc plus grande que la cote tableau — couramment de l'ordre de 50 à 70 mm en largeur et de 30 à 40 mm en hauteur, selon le recouvrement prévu par le système. La valeur exacte figure sur la fiche de pose du fabricant.
Qu'est-ce que la cote dos de dormant en rénovation ?
En dépose partielle, on conserve l'ancien dormant et la nouvelle menuiserie vient se poser dessus. La cote utile n'est plus le tableau maçonné mais le passage libre à l'intérieur de l'ancien dormant, mesuré au plus étroit et de fond de feuillure à fond de feuillure : c'est la cote dos de dormant. On en retranche ensuite le jeu du système pour obtenir la cote de fabrication.
Faut-il déduire l'épaisseur de l'enduit non réalisé ?
Oui, dès que le tableau n'est pas fini. Un tableau brut est plus large qu'un tableau enduit : si l'enduit intérieur reste à faire, on retranche son épaisseur sur chaque joue, souvent de l'ordre de 15 mm par côté. Il faut demander l'épaisseur réelle prévue au maçon ou au plaquiste, et écrire sur le relevé si la cote est prise au brut ou au fini.
Pourquoi faut-il indiquer l'épaisseur de doublage au fabricant ?
Parce qu'elle ne change pas la largeur ni la hauteur, mais la profondeur du dormant et la tapée à commander. Un doublage de 100 + 10 n'appelle pas la même tapée qu'un doublage de 140 + 13. Sans cette information, la menuiserie arrive à la bonne cote mais ne se raccorde pas proprement à la finition intérieure.
En millimètres ou en centimètres ?
En millimètres, toujours, et sans arrondi. Une menuiserie s'usine au millimètre et tous les configurateurs fabricants attendent des millimètres. Un relevé noté en centimètres arrondis introduit une imprécision qui se paie au calage et à l'étanchéité.
Quelle cote écrire sur le bon de commande ?
Celle que le fabricant vous demande — mais toujours qualifiée. Une ligne de commande lisible mentionne le repère de la menuiserie, la nature de la cote (tableau ou fabrication), la largeur puis la hauteur en millimètres, le type de pose et le sens d'ouverture. C'est le minimum pour qu'aucun maillon de la chaîne n'ait à interpréter.

Pour le reste du geste — matériel, mesure en 3 points, contrôle de l'équerrage, sens d'ouverture, divisions — tout est réuni dans le guide complet du relevé de menuiserie sur chantier.

Une cote relevée, une cote de fabrication, zéro recopie.

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