Cote tableau, cote de fabrication, cote hors tout : ne plus se tromper de cote
Trois mots, trois dimensions différentes, et une seule qui part à l'usine. La cote de fabrication est celle que la machine exécute : elle ne se discute pas, elle ne se rattrape pas. Voici comment passer proprement de la cote relevée sur le chantier à la cote qui sera usinée, pose par pose.
Au sommaire
- Les trois cotes, et à qui elles servent
- Qui applique le jeu : vous ou l'usine ?
- Le calcul, type de pose par type de pose
- La cote en rénovation : le passage de l'ancien dormant
- Les cotes qui bougent après votre passage
- Écrire la cote sans laisser d'ambiguïté
- Le contrôle des cinq minutes avant commande
- Questions fréquentes
La cote tableau est la dimension de l'ouverture dans le mur, d'une joue à l'autre et de l'appui au linteau. La cote hors tout est celle de la menuiserie finie, dormant compris : plus petite que la cote tableau en pose en tunnel, puisqu'on retranche le jeu de pose, plus grande en applique, où la menuiserie recouvre l'ouverture.
Sur un chantier, personne ne se trompe en mesurant. On se trompe en nommant ce qu'on a mesuré. Un métreur relève un tableau maçonné, écrit « 1200 × 1400 » sur son carnet, l'atelier lit une cote de fabrication, et la fenêtre arrive 10 mm trop large pour rentrer dans un trou qui, lui, n'a pas bougé. Le mètre était bon. C'est l'étiquette qui manquait.
1. Les trois cotes, et à qui elles servent
Le vocabulaire du métier distingue trois dimensions. Elles décrivent le même ouvrage à trois moments différents de sa vie.
Cote tableau
La dimension de l'ouverture dans le mur, d'une joue à l'autre et de l'appui au linteau. C'est la cote du maçon et du métreur : elle décrit le trou, pas la menuiserie.
Cote hors tout
L'encombrement de la menuiserie finie, dormant compris, mesuré au plus large et au plus haut. C'est la cote du poseur : elle dit si l'ouvrage rentre.
Cote de fabrication
La dimension à laquelle le dormant est débité et assemblé. C'est la cote de l'atelier. Dans la plupart des systèmes elle se confond avec le hors tout — sauf quand un accessoire déborde.
Entre la cote tableau et la cote de fabrication, il y a le jeu de pose : l'espace périphérique qu'on réserve autour du dormant pour l'insérer, le caler, le fixer et l'étancher. Ce jeu n'est pas du confort, c'est une exigence de mise en œuvre — et il varie selon le matériau, la teinte et le système.
2. Qui applique le jeu : vous ou l'usine ?
C'est la vraie question, et elle se tranche avant d'écrire le premier chiffre. Deux façons de travailler, toutes les deux valables — mais jamais à moitié.
- Vous transmettez une cote tableau, accompagnée du type de pose, du système et du matériau. Le fabricant applique lui-même son jeu et sort la cote de fabrication. C'est la méthode la plus sûre pour un poseur qui travaille avec plusieurs gammes : le calcul reste chez celui qui connaît le système par cœur.
- Vous transmettez une cote de fabrication, jeu déjà déduit. L'usine exécute sans discuter. C'est plus rapide, c'est ce qu'attendent la plupart des configurateurs en ligne, et c'est ce que font les entreprises qui posent toujours la même gamme. En contrepartie, le calcul et sa responsabilité sont chez vous.
Ce qui ne marche pas, c'est le mélange : trois lignes en cote tableau et deux en cote de fabrication sur le même bon de commande, sans mention. Personne à l'atelier ne devinera lesquelles. Et si vous ne devez retenir qu'une règle de ce guide : une cote sans étiquette n'est pas une cote.
3. Le calcul, type de pose par type de pose
Le type de pose décide du sens de l'opération. En tunnel et en feuillure, on retranche. En applique, on ajoute, parce que la menuiserie recouvre l'ouverture au lieu d'y entrer. Repérez-le avant de sortir le mètre : le guide de prise de cote montre comment reconnaître la pose sur une menuiserie existante, schémas en coupe à l'appui.
| Type de pose | Cote relevée sur le chantier | Opération vers la cote de fabrication | À préciser au fabricant |
|---|---|---|---|
| Neuf / tunnel | Tableau maçonné, 3 points, au plus étroit | − le jeu périphérique, sur chaque côté | Matériau, teinte, tableau brut ou enduit |
| Applique | Tableau fini, 3 points ; surface d'appui intérieure à vérifier | + le recouvrement, souvent 50 à 70 mm en largeur et 30 à 40 mm en hauteur | Épaisseur du doublage, tapée, présence d'un coffre |
| Feuillure | Fond de feuillure à fond de feuillure | − le jeu, sur la cote de fond de feuillure | Profondeur et état de la feuillure |
| Rénovation (dépose partielle) |
Passage de l'ancien dormant, au plus étroit (au nez de l'ancienne feuillure) | − le jeu du système rénovation | Section et état de l'ancien dormant conservé |
| Dépose totale | Tableau maçonné, une fois l'ancien bâti retiré | − le jeu périphérique, comme en neuf | Réservation à reboucher, appui à reprendre |
Les valeurs de jeu, elles, ne s'inventent pas : c'est la notice du système qui les fixe. Dans les notices de fabricants consultées, on retranche le plus souvent 5 mm par côté, en PVC comme en aluminium ; le jeu augmente pour une menuiserie longue, de teinte foncée ou très exposée. Ce qui le fait varier, ainsi que les tolérances dimensionnelles admises sur la baie, est détaillé dans notre guide sur le jeu de pose et les tolérances du NF DTU 36.5. En cas de doute, c'est toujours la fiche de pose du système qui fait foi.
4. La cote en rénovation : le passage de l'ancien dormant
C'est le calcul qui fait le plus de dégâts, parce qu'il y a deux occasions de se tromper au lieu d'une.
En dépose partielle, l'ancien dormant reste en place. La nouvelle menuiserie vient se poser dessus, sur son dormant de rénovation. La cote utile n'est donc plus le tableau maçonné — que vous ne verrez même pas — mais le passage de l'ancien dormant. Pour poser une menuiserie neuve sur un dormant conservé, la cote se prend dans ce passage, au plus étroit des trois points : en général au nez de l'ancienne feuillure, là où battait l'ancien ouvrant, et non au fond de cette feuillure. Le fabricant en retranche son jeu pour fabriquer le nouveau dormant. Si la notice du système prévoit de recouper l'ancienne feuillure, mesurez après la recoupe.
Méfiez-vous de l'expression cote dos de dormant : le plus souvent, elle désigne la cote extérieure du nouveau dormant, c'est-à-dire sa cote de fabrication ; certains l'emploient pour la cote mesurée dans l'ancien dormant. Écrivez toujours laquelle des deux vous donnez.
Deux erreurs se répètent chantier après chantier :
- Mesurer l'ancien ouvrant au lieu de l'ancien dormant. On se retrouve avec plusieurs centimètres d'écart, dans le mauvais sens, et une menuiserie qui flotte.
- Prendre la cote au fond de l'ancienne feuillure au lieu du passage au plus étroit. La menuiserie ne passe plus le nez de l'ancien dormant, sauf si la notice prévoit de le recouper.
Ajoutez à cela un point que les configurateurs ne demandent jamais : l'ancien dormant est-il sain, d'aplomb, bien fixé, étanche avec la maçonnerie et assez solide pour porter la nouvelle menuiserie ? Un bâti pourri en pied ou désolidarisé de la maçonnerie ne se conserve pas, et la question redevient celle de la dépose totale — avec une cote tableau à relever, donc un déplacement de plus. Notez-le et photographiez-le pendant le relevé, pas après.
Le jeu de pose appliqué tout seul, sans calcul mental
Sur Aplomb, vous saisissez la cote relevée, le type de pose et le jeu, en retrait ou en recouvrement : l'application affiche la cote de fabrication déduite à côté de la cote tableau, et reprend ensuite le jeu que vous avez retenu pour chaque type de pose. Plus d'addition au stylo sur un capot de camionnette, plus de doute sur ce qui part à l'atelier — et le PDF part avec les deux cotes clairement nommées.
Essayer Aplomb gratuitement5. Les cotes qui bougent après votre passage
Une cote juste le jour du relevé peut devenir fausse le jour de la pose, sans que personne n'ait mal mesuré. Trois causes, toujours les mêmes.
L'enduit et la finition du tableau
Un tableau brut est plus large qu'un tableau fini. Si l'enduit intérieur, le doublage ou la bande de plâtre restent à faire au moment du relevé, la cote que vous lisez n'est pas celle que la menuiserie trouvera. On retranche donc l'épaisseur prévue sur chaque joue — de l'ordre de 15 mm par côté dans beaucoup de cas, mais c'est au maçon ou au plaquiste de vous donner sa valeur réelle. En hauteur, même raisonnement au linteau, et surtout à l'appui si une chape ou un carrelage est encore à couler.
L'épaisseur de doublage
Elle ne change ni la largeur ni la hauteur, et c'est précisément pour ça qu'on l'oublie. Elle décide en revanche de la profondeur du dormant et de la tapée à commander. Un doublage 10 + 100 et un doublage 13 + 140 n'appellent pas la même tapée. Sans cette information, la menuiserie arrive à la bonne cote et ne se raccorde pas à la finition intérieure : il faut recouper, rapporter, bricoler — sur un ouvrage neuf.
Le coffre de volet roulant et le seuil
Le coffre mange de la hauteur en partie haute ; un seuil PMR ou une bavette rapportée peuvent déborder du dormant. Ce sont exactement les cas où cote hors tout et cote de fabrication cessent de se confondre. Écrivez alors noir sur blanc si votre cote inclut ou non ces accessoires. Ce niveau de détail, avec le repère de chaque menuiserie, se prépare directement sur la fiche de prise de cote à remplir sur le chantier, champ par champ.
6. Écrire la cote sans laisser d'ambiguïté
Une cote se transmet à trois personnes au moins : le métreur, l'atelier, le poseur. Aucune d'elles ne doit interpréter. La notation qui tient debout comporte cinq éléments.
- Le repère de la menuiserie (F1, F2, P1…), unique sur le chantier et reporté sur le plan.
- La nature de la cote, écrite en toutes lettres : « cote tableau » ou « cote de fabrication ». Trois mots qui évitent une refabrication.
- Largeur × hauteur, en millimètres, toujours dans cet ordre et sans arrondi. Le millimètre est l'unité de l'atelier et celle des configurateurs.
- Le type de pose, sans lequel une cote tableau ne se convertit pas.
- Le sens d'ouverture : tirant ou poussant, paumelles à droite ou à gauche, et depuis quel côté vous regardez. « Tirant droit, vu de l'intérieur » ne se discute pas ; « droite » tout seul, si.
Quand ces cinq éléments partent ensemble vers l'atelier, le bon de commande se remplit sans arbitrage. C'est la logique du tableau de relevé et de la nomenclature des menuiseries, qui structure ces informations ligne par ligne, du chantier jusqu'à la commande.
7. Le contrôle des cinq minutes avant commande
Avant de valider, cinq vérifications. Elles coûtent cinq minutes et évitent des semaines de délai.
- Chaque ligne porte-t-elle son étiquette de cote ? Tableau ou fabrication, jamais implicite.
- Le jeu a-t-il été appliqué une fois — et une seule ? La double déduction, une fois par le métreur et une fois par le configurateur, produit une menuiserie flottante et un calfeutrement impossible à tenir.
- La cote retenue est-elle bien la plus petite des trois mesures ? C'est elle qui garantit que l'ouvrage rentre partout.
- Les diagonales et l'écart entre les trois points sont-ils notés ? Un tableau en losange ne se corrige pas à la commande, mais il se signale.
- Les accessoires débordants sont-ils qualifiés ? Tapée, seuil, bavette, coffre : dedans ou dehors de la cote annoncée.
Ces cinq points ne sont pas de la théorie : ils recoupent presque exactement les erreurs de prise de cote qui coûtent une menuiserie. La différence entre une entreprise qui refabrique deux fenêtres par an et une qui n'en refabrique aucune tient rarement au niveau technique. Elle tient à cette relecture-là.
Questions fréquentes
Quelle différence entre cote tableau et cote hors tout ?
Quelle est la différence entre cote tableau et cote de fabrication ?
Cote hors tout et cote de fabrication, est-ce la même chose ?
Qui calcule la cote de fabrication : le poseur ou le fabricant ?
Quelle cote donner pour une pose en applique ?
Qu'est-ce que la cote dos de dormant en rénovation ?
Faut-il déduire l'épaisseur de l'enduit non réalisé ?
Pourquoi faut-il indiquer l'épaisseur de doublage au fabricant ?
En millimètres ou en centimètres ?
Quelle cote écrire sur le bon de commande ?
Pour le reste du geste — matériel, mesure en 3 points, contrôle de l'équerrage, sens d'ouverture, divisions — tout est réuni dans le guide complet du relevé de menuiserie sur chantier.