Aplomb
Fonctionnalités Ouvrir l'app Créer mon compte
Guide · Les documents du relevé

Fiche de prise de cote menuiserie : le modèle à imprimer + la méthode terrain

Une fiche de relevé, ce n'est pas une largeur et une hauteur griffonnées sur un coin de devis. C'est un document qui doit rester lisible six semaines plus tard, à l'atelier, par quelqu'un qui n'était pas sur le chantier. Voici le gabarit complet d'une fiche de prise de cote, case par case, et la manière de la remplir sans rien oublier.

Aplomb — application de relevé de menuiserie

Ce guide a été écrit avec des menuisiers poseurs, à partir de relevés réels de chantier. Notre métier : faire que la cote prise sur place arrive juste à l'atelier.

🗓️ Mis à jour le ⏱️ Lecture 8 min 🔧 Poseurs, métreurs & conducteurs de travaux 📄 Gabarit A4 · une menuiserie par fiche

Au sommaire

  1. Ce que doit prouver une fiche de relevé
  2. Le modèle : les 8 blocs d'une fiche complète
  3. Champ par champ : ce qu'on écrit et pourquoi
  4. Deux versions : dépose totale et rénovation sur dormant
  5. L'ordre de remplissage sur le chantier
  6. Ce que le papier ne sait pas faire
  7. Questions fréquentes

La fiche de prise de cote est la pièce d'origine du dossier. Tout ce qui suit — le chiffrage, la commande à l'usine, le plan de pose, la facture — en découle. Si elle est incomplète, personne ne s'en aperçoit avant la livraison : c'est à ce moment-là qu'on découvre qu'il manquait le sens d'ouverture ou l'épaisseur du doublage, et qu'il est trop tard. D'où le principe qui gouverne le gabarit ci-dessous : une case vide est une case à remplir, pas une case sans objet. Si l'information n'existe pas, on écrit « sans objet », on ne laisse pas blanc.

1. Ce que doit prouver une fiche de relevé

Un bon gabarit répond à quatre questions, et il y répond sans que personne n'ait besoin de vous appeler.

Le reste — le vitrage, la couleur, la quincaillerie — est du commercial ; ça se corrige par téléphone. Les quatre points ci-dessus, non : ils demandent un retour sur site.

2. Le modèle : les 8 blocs d'une fiche complète

Le format qui fonctionne sur le terrain, c'est une menuiserie par feuille A4, en portrait, avec un cadre de croquis assez grand pour dessiner l'ouverture vue de l'intérieur. Sur une demi-page, on finit toujours par écrire dans la marge.

1 · CHANTIER / CLIENT / DATE / RELEVÉ PAR ……………………………………………………… REPÈRE F1 2 · CROQUIS COTÉ vu de l'intérieur 3 · COTES (mm) L1 …… L2 …… L3 …… H1 …… H2 …… H3 …… D1 ……… D2 ……… Cote retenue L …………… H …………… ☐ tableau ☐ feuillure ☐ dormant 4 · TYPE DE POSE ☐ tunnel ☐ applique ☐ feuillure ☐ rénovation ☐ dépose totale 5 · OUVERTURE & COMPOSITION ☐ tirant ☐ poussant · paumelles ☐ D ☐ G · vantaux …… · imposte …… · allège …… 6 · SUPPORT & ENVIRONNEMENT nature ……… doublage ……… appui ……… coffre VR ……… seuil ……… 7 · PRODUIT & OPTIONS matériau · teinte · vitrage 8 · PHOTOS · VISA n° clichés …… signature
Le gabarit A4 : huit blocs, une menuiserie par feuille, le croquis au milieu.

Ce gabarit s'imprime directement depuis cette page (impression du navigateur), ou se recopie une fois au propre puis se photocopie par paquets de vingt. Le tableau ci-dessous détaille ce que contient chaque bloc et ce qu'il évite comme mauvaise surprise.

BlocCe qu'on y écritCe que ça évite
1 · En-têteChantier, client, adresse, date, nom du releveur, n° de pageUne fiche orpheline retrouvée dans une camionnette trois semaines plus tard
RepèreF1, F2, P1… reporté au crayon sur l'ouverture elle-mêmeL'inversion de deux fenêtres de dimensions voisines à la livraison
2 · Croquis cotéL'ouverture vue de l'intérieur, vantaux, sens, imposte, allègeUne composition mal comprise à l'atelier
3 · CotesL1/L2/L3, H1/H2/H3, D1/D2, la cote retenue et sa référenceUne cote unique dont personne ne sait d'où elle est prise
4 · Type de poseTunnel, applique, feuillure, rénovation, dépose totaleLe jeu de pose appliqué au mauvais endroit
5 · OuvertureTirant/poussant, paumelles D/G, vantaux, divisionsUne porte qui ouvre du mauvais côté au moment de la pose
6 · SupportNature du mur, doublage, appui, linteau, coffre de voletUne tapée trop courte, un appui qui ne reçoit pas le seuil
7 · ProduitMatériau, teinte intérieure/extérieure, vitrage, quincaillerieUn aller-retour commercial de trois jours avant commande
8 · Photos & visaNuméros des clichés, observations, signature du releveurUne discussion d'après-coup sur l'état de l'existant
Le détail qui change tout : reportez le repère au crayon gras sur l'ouverture, pas seulement sur la fiche. Le jour de la pose, le poseur cherche « F3 » sur le mur, pas dans un classeur. Sur un chantier de rénovation où toutes les fenêtres se ressemblent, c'est ce qui empêche l'inversion.

3. Champ par champ : ce qu'on écrit et pourquoi

Le gabarit ne vaut que si chaque case est comprise de la même façon par celui qui relève et par celui qui fabrique. Voici la lecture de chacune.

Repère et localisation

Un repère court et unique par menuiserie : F1, F2 pour les fenêtres, P1, P2 pour les portes, B1 pour une baie. On y ajoute la localisation réelle : niveau, pièce, orientation. « F4 — R+1, chambre nord, façade rue » est exploitable ; « fenêtre du haut » ne l'est pas. Sur les chantiers à plusieurs bâtiments, on préfixe par le bâtiment ou la cage d'escalier.

Type de pose et nature de la dépose

C'est la case qui donne un sens à toutes les autres. Tunnel, applique, feuillure, rénovation sur dormant conservé, dépose totale : chacune impose une référence de mesure différente. En rénovation, on précise en plus l'état du dormant existant — bois sain, bois altéré en partie basse, métal — parce que c'est ce qui fait basculer un chantier de la dépose partielle vers la dépose totale, et donc changer complètement la cote à relever. Les types de pose et leur influence sur la mesure sont détaillés dans le guide complet de la prise de cote en menuiserie.

Les cotes : trois largeurs, trois hauteurs, deux diagonales

Huit valeurs, toutes en millimètres, toutes conservées sur la fiche. Les trois largeurs se prennent en haut, au milieu et en bas ; les trois hauteurs à gauche, au centre et à droite. On retient la plus petite de chaque série pour la fabrication, mais on note les trois : l'écart entre elles décrit la géométrie réelle de l'ouverture, et c'est une information de pose. Les deux diagonales, prises d'angle à angle opposé, disent si le tableau est d'équerre. Un écart de quelques millimètres est la vie normale d'une maçonnerie ; un tableau franchement « en losange » se signale au fabricant et se prépare au calage. Les tolérances admises et les jeux périphériques à respecter font l'objet d'une page dédiée : jeu de pose et tolérances du DTU 36.5.

Le piège de la case unique : une fiche qui ne prévoit qu'une ligne « largeur × hauteur » pousse à écrire une valeur sans dire d'où elle vient. Prévoyez deux cases distinctes et étiquetées : la cote relevée (avec sa référence : tableau, fond de feuillure, dos de dormant) et la cote de fabrication, qui s'en déduit en appliquant le jeu du système. Le passage de l'une à l'autre est expliqué dans notre page sur la cote tableau, la cote de fabrication et la cote hors tout — c'est là que se joue la majorité des menuiseries hors cote.

Sens d'ouverture et composition

Deux informations et un point de vue. D'abord tirant ou poussant — en France, l'ouvrant tirant vers l'intérieur est le cas courant. Ensuite le côté des paumelles, à droite ou à gauche. Enfin, et c'est ce qu'on oublie : depuis quel côté vous regardez. On écrit « tirant droit, vu de l'intérieur », et on double d'un croquis dont la pointe du triangle désigne le côté des paumelles. La composition complète la case : nombre de vantaux, présence et hauteur d'une imposte, d'une allège, position des traverses et meneaux.

Support, doublage et environnement

Nature du mur (parpaing, brique, béton, pierre, ossature bois), épaisseur du gros œuvre, et surtout épaisseur du doublage : isolant plus plaque de finition. C'est elle qui détermine la tapée en pose en applique, et elle se mesure sur place — pas au téléphone. On note aussi l'appui (saillie, pente, état), le linteau, la présence d'un coffre de volet roulant conservé ou déposé avec son type de manœuvre, le seuil existant, et les contraintes d'accès pour la pose.

Produit, options, photos et visa

Matériau, teinte intérieure et extérieure (avec la référence RAL quand elle est connue), vitrage, quincaillerie, options : entrée d'air, seuil PMR, grille, poignée. Puis les numéros de photos, correspondant aux clichés pris sur place, et une case d'observations libre. La fiche se termine par la date et la signature du releveur. Une fiche datée et signée, accompagnée de photos, est une pièce solide pour discuter d'un écart : elle montre ce qui a été vu, et dans quel état.

4. Deux versions : dépose totale et rénovation sur dormant

Le même gabarit ne se remplit pas de la même manière selon qu'on part d'une maçonnerie nue ou d'un ancien dormant conservé. En pratique, on garde deux versions de la fiche — ou une seule fiche avec deux blocs de cotes clairement séparés.

Version dépose totale / neuf

On relève le tableau maçonné, une fois l'ancien bâti retiré. La fiche prévoit une case « relevé avant ou après dépose » : relever à travers un ancien dormant encore en place fausse la cote finale.

Version rénovation sur dormant

On mesure à l'intérieur du dormant conservé, au plus étroit, et la fiche exige l'état du bois, la présence de rejingot, l'épaisseur de l'ancien dormant et la hauteur libre sous coffre.

Dans les deux cas, la fiche doit porter une phrase explicite du type « cote prise au dos du dormant existant » ou « cote tableau après dépose totale ». C'est cette phrase, plus que le chiffre, qui protège le dossier.

5. L'ordre de remplissage sur le chantier

Un ordre fixe évite les oublis, parce qu'on ne réfléchit plus à ce qui reste à faire. Celui-ci fonctionne bien, ouverture par ouverture :

  1. En-tête et repère d'abord, avant toute mesure. Le repère est reporté au crayon sur l'ouverture dans la foulée.
  2. Photo générale de l'ouverture, de l'intérieur puis de l'extérieur. Avant de commencer à mesurer, tant que rien n'est démonté.
  3. Croquis de la composition, sans cotes. Vantaux, imposte, allège, sens d'ouverture.
  4. Type de pose coché, et l'état de l'existant décrit dans la foulée.
  5. Les huit valeurs : trois largeurs, trois hauteurs, deux diagonales, reportées sur le croquis.
  6. Support et environnement : doublage, appui, linteau, coffre, seuil.
  7. Relecture à voix haute devant l'ouverture, puis date et signature. C'est l'étape que tout le monde saute, et c'est celle qui rattrape les erreurs.
Deux minutes bien placées : re-mesurez la plus petite largeur et la plus petite hauteur une seconde fois, avant de ranger le mètre. Un aller-retour sur chantier coûte une demi-journée ; une menuiserie sur mesure hors cote n'est pas reprenable. Le détail des fautes les plus fréquentes est réuni dans notre page sur les erreurs de prise de cote qui coûtent une menuiserie.

La même fiche, mais qui ne se mouille pas

Aplomb reprend exactement ce gabarit sur votre téléphone : repère, type de pose, les trois largeurs et les trois hauteurs, les diagonales, le sens d'ouverture, les photos. Le croquis coté se dessine tout seul à partir de vos saisies, la fiche part en PDF pour l'atelier, et tout fonctionne sans réseau — donc en sous-sol comme en zone blanche.

Essayer sur mon prochain relevé

6. Ce que le papier ne sait pas faire

La fiche imprimée reste imbattable sur un point : elle marche toujours, elle ne tombe jamais en panne de batterie, et n'importe qui sait s'en servir. Autant être honnête sur ses trois limites, qui sont toujours les mêmes.

Sur un chantier à quinze ou quarante ouvertures, la fiche unitaire montre une autre limite : on ne compare plus rien. C'est le moment de passer à un format tabulaire, une ligne par menuiserie — c'est l'objet de notre feuille de métré menuiserie, le modèle du relevé multi-menuiseries. Et si vous vous demandez ce qu'un outil de relevé doit savoir faire pour remplacer vraiment le papier plutôt que de s'ajouter à lui, la comparaison est détaillée dans notre page sur le relevé de cotes sur tablette et mobile.

Le bon réflexe, quel que soit le support, ne change pas : on relève une fois, on vérifie sur place, on commande ensuite. Tout le reste — le gabarit, l'application, la feuille de métré — n'est que la manière de ne rien perdre entre les deux. Pour le geste lui-même, du choix du matériel jusqu'au contrôle final avant de quitter le chantier, reportez-vous à notre méthode complète du relevé de menuiserie sur chantier.

📷Emplacement conseillé : insérez ici une photo réelle d'une fiche remplie sur chantier, posée sur l'appui de fenêtre. Une photo de terrain authentique vaut mieux qu'un visuel générique, pour les lecteurs comme pour Google.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une fiche de prise de cote menuiserie ?
C'est le document de relevé d'une menuiserie : une feuille par ouverture, qui porte le repère, la localisation, le type de pose, les cotes relevées en plusieurs points, les diagonales, le sens d'ouverture, la composition et les contraintes du support. Elle sert de pièce d'origine pour le chiffrage, la commande et la pose.
Combien de mesures faut-il noter sur la fiche ?
Huit au minimum pour une ouverture simple : trois largeurs (haut, milieu, bas), trois hauteurs (gauche, centre, droite) et les deux diagonales. La fiche doit garder les huit valeurs, pas seulement la plus petite : l'écart entre elles est une information de pose.
Faut-il une fiche par menuiserie ou une ligne par menuiserie ?
Une fiche par menuiserie tant que le chantier reste raisonnable : c'est le seul format qui laisse la place au croquis coté et aux observations. Au-delà d'une quinzaine d'ouvertures, on bascule sur une feuille de métré, une ligne par menuiserie, plus rapide à comparer et à transmettre.
Que noter dans la case « type de pose » ?
La pose retenue (neuf ou tunnel, applique, feuillure, rénovation sur dormant conservé, dépose totale) et, en rénovation, l'état de l'existant. C'est cette case qui dit au fabricant depuis quelle référence la cote a été prise : sans elle, une largeur seule ne veut rien dire.
Comment noter le sens d'ouverture sur la fiche ?
En deux informations et un point de vue : tirant ou poussant, paumelles à droite ou à gauche, et depuis quel côté vous regardez. On écrit par exemple « tirant droit, vu de l'intérieur ». Un croquis avec la pointe du triangle du côté des paumelles lève le dernier doute.
Faut-il écrire la cote tableau ou la cote de fabrication sur la fiche ?
Les deux, dans deux cases distinctes et étiquetées. La fiche porte d'abord la cote relevée telle quelle, avec sa référence de mesure ; la cote de fabrication se calcule ensuite, en appliquant le jeu de pose du système. Écrire une seule valeur sans dire laquelle est la faute la plus coûteuse du relevé.
Pourquoi relever l'épaisseur du doublage ?
Parce qu'elle commande la tapée d'isolation en pose en applique : le dormant doit rattraper l'épaisseur d'isolant plus la plaque de finition. Une tapée sous-dimensionnée se voit au moment de la pose, quand la menuiserie ne vient plus affleurer le doublage — et elle ne se rattrape pas sur place.
La fiche de prise de cote a-t-elle une valeur en cas de litige ?
Une fiche datée, signée et accompagnée de photos est une pièce utile : elle montre ce qui a été relevé, quand, et dans quel état était le support. Elle n'exonère de rien à elle seule, mais elle vaut mieux qu'un carnet illisible pour discuter d'un écart avec un fabricant ou un client.

Remplissez votre prochaine fiche sur le téléphone.

Les mêmes champs que le gabarit papier, le croquis coté en prime, et un PDF prêt pour l'atelier. Gratuit, sans carte bancaire.

Créer mon compte gratuitement