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Guide · Documents du relevé

Feuille de métré menuiserie : le modèle Excel du relevé multi-menuiseries

Une fiche par menuiserie, ça marche jusqu'à dix ouvertures. Sur un chantier à quarante, il faut un tableau : une ligne par menuiserie, des cotes qui se contrôlent toutes seules et une cote de fabrication calculée par formule. Voici comment monter cette feuille de métré, colonne par colonne — et où elle vous lâchera.

Aplomb — application de relevé de menuiserie

Ce guide a été écrit avec des menuisiers poseurs, à partir de relevés réels de chantier. Notre métier : faire que la cote prise sur place arrive juste à l'atelier.

🗓️ Mis à jour le ⏱️ Lecture 7 min 🔧 Métreurs, poseurs & conducteurs de travaux 📊 Chantiers à plusieurs dizaines d'ouvertures

Au sommaire

  1. Fiche unitaire ou feuille de métré : où est la bascule
  2. Les colonnes d'une feuille de métré qui tient
  3. Les six formules à poser dans le tableur
  4. Le repère : la colonne qui évite les confusions
  5. Cinq règles de tenue du tableau
  6. Là où le tableur lâche : la recopie du soir
  7. Questions fréquentes

Le métré d'un lot menuiseries, ce n'est pas mesurer une fenêtre : c'est mesurer quarante ouvertures en gardant la trace de chacune, sans en oublier une, sans mélanger deux repères et sans se retrouver au bureau avec une ligne dont on ne sait plus si la cote est celle du tableau ou celle du dormant. Le geste de mesure lui-même — trois points en largeur, trois en hauteur, diagonales — est traité en détail dans notre guide complet de la prise de cote en menuiserie. Cette page-ci ne parle que du document : le tableur qui reçoit ces mesures.

1. Fiche unitaire ou feuille de métré : où est la bascule

Les deux documents ne servent pas au même moment. La fiche de prise de cote unitaire — une menuiserie par feuille A4, avec le croquis et la place pour annoter — est ce qu'on emmène dans la camionnette. Elle se remplit debout, une main occupée, et elle supporte la pluie mieux qu'un écran.

La feuille de métré, elle, est un document de synthèse. Elle n'a d'intérêt que quand il faut trier, compter et comparer : combien de fenêtres à deux vantaux oscillo-battants sur ce chantier, combien de coulissants, quelles ouvertures sortent des tolérances, quel repère manque encore. Ces gestes sont impossibles sur une pile de feuilles A4.

En pratique, la bascule se situe autour de dix ouvertures. En dessous, le tableur coûte plus de temps qu'il n'en fait gagner. Au-delà, il devient indispensable — et à trente ou quarante menuiseries, il est le seul document qui permette de vérifier que le relevé est complet avant d'envoyer la commande.

Ce que vous ne trouverez pas ici : un fichier à télécharger contre votre adresse e-mail. La structure complète est donnée ci-dessous, colonne par colonne et formule par formule. Montez-la vous-même en dix minutes : elle sera à vos habitudes, à vos types de pose et à vos fournisseurs, ce qu'aucun gabarit générique ne sera jamais.

2. Les colonnes d'une feuille de métré qui tient

Une ligne par menuiserie. Une colonne par information atomique — jamais deux données dans la même case, sinon le tri et les formules deviennent impossibles. Voici la structure de référence, découpée en trois blocs : identification, mesures brutes, cotes calculées.

Col.ChampContenu attenduPourquoi
ARepèreM01, M02, M03…Identifiant unique, reporté sur le plan et sur l'étiquette de livraison
BNiveauRDC, R+1, comblesPermet de trier le relevé dans l'ordre de pose
CPièce / façadeChambre 2, façade sudLocalise la menuiserie sans avoir à ouvrir le plan
DType de menuiserieF2V OB, PF1V, coulissant 2 railsConditionne la quincaillerie et le prix
EType de poseTunnel, applique, feuillure, dépose totale, rénovation sur dormantDétermine la correction à appliquer pour la cote de fabrication
F–HL1 · L2 · L3Largeurs haut, milieu, bas (mm)Les trois mesures brutes, conservées telles quelles
I–KH1 · H2 · H3Hauteurs gauche, centre, droite (mm)Idem : on note tout, on ne trie pas de tête
L–MD1 · D2Les deux diagonales (mm)Le contrôle d'équerrage se calcule, il ne s'estime pas
N–OLargeur / hauteur retenuesFormule MINLa plus petite valeur : celle qui garantit que la menuiserie entre partout
PContrôle équerrageFormule (écart des diagonales)Alerte visuelle immédiate sur les ouvertures en losange
Q–RCotes de fabricationFormule (cote retenue + correction)Ce qui part réellement à l'usine
SSens d'ouvertureTirant droit, poussant gauche…Toujours préciser depuis quel côté on regarde
TVitrage & options4/16/4 ITR, volet roulant, seuil PMRÉvite un aller-retour avec le fournisseur
UObservation chantierAppui à reprendre, doublage 100 mm, photo n° 12La colonne qui sauve le chiffrage trois semaines plus tard

Vingt-et-une colonnes, c'est beaucoup à l'écran et c'est normal : figez la première ligne et les colonnes A à C, sinon vous perdrez le repère dès la colonne L.

3. Les six formules à poser dans le tableur

Une feuille de métré sans formules n'est qu'un tableau de recopie — c'est-à-dire le problème, pas la solution. Six formules suffisent à transformer la feuille en outil de contrôle. Les exemples ci-dessous sont écrits pour la ligne 2, en syntaxe française (Excel et LibreOffice Calc).

Largeur et hauteur retenues

On saisit les trois mesures, on ne calcule jamais de tête laquelle est la plus petite :

L'écart de tableau, qui n'est pas un détail

Ajoutez une colonne masquée ou une mise en forme conditionnelle sur =MAX(F2:H2)-MIN(F2:H2). Quelques millimètres, c'est la vie normale d'une maçonnerie. Vingt millimètres sur 1,20 m, c'est une information de pose qu'il faut transmettre — calage, quantité de calfeutrement, parfois choix du type de pose.

Le contrôle d'équerrage

Les deux diagonales égales, l'ouverture est d'équerre. Sinon, l'écart doit sauter aux yeux :

=SI(OU(L2="";M2="");"";SI(ABS(L2-M2)>5;"⚠ "&ABS(L2-M2)&" mm";"OK"))

Le seuil de 5 mm est un usage courant de terrain, pas une valeur normative universelle : les tolérances dimensionnelles applicables au support relèvent du DTU, et nous les détaillons dans le guide sur le jeu de pose et les tolérances du DTU 36.5. Ajustez le seuil à ce que vous acceptez de laisser passer sans le signaler.

La cote de fabrication

C'est la formule qui fait la valeur de la feuille. Le principe : un second onglet Corrections, une ligne par type de pose, avec deux valeurs signées en millimètres — une correction en largeur, une en hauteur. Négative quand la menuiserie s'inscrit dans l'ouverture (tunnel, feuillure, dépose totale : on retranche le jeu périphérique), positive quand elle vient recouvrir le tableau (pose en applique).

Les valeurs à mettre dans l'onglet Corrections viennent de la fiche de pose du fabricant et du système retenu — jamais d'une règle universelle. La logique des trois cotes (tableau, hors-tout, fabrication) et le détail des déductions par type de pose sont traités dans le guide dédié à la cote tableau, cote de fabrication et cote hors tout : c'est là qu'il faut aller avant de remplir cet onglet.

Le contrôle de doublon de repère

=SI(NB.SI($A$2:$A$500;$A2)>1;"DOUBLON";"")

Deux lignes M07 sur un chantier à quarante menuiseries, c'est une menuiserie livrée sans destination et une pose bloquée. Cette formule coûte trente secondes.

Le piège du tableur : une colonne « cote » remplie à la main par-dessus une formule. Dès qu'un métreur écrase une case calculée par une valeur tapée, la feuille ment sans le dire — et personne ne s'en aperçoit avant la livraison. Protégez les colonnes N, O, P, Q et R, et laissez la saisie ouverte uniquement sur les mesures brutes.
MESURES BRUTES L1 haut L2 milieu L3 bas 1204 1198 1201 =MIN(F2:H2) LARGEUR RETENUE 1198 mm COTE DE FABRICATION 1198 + correction La correction dépend du type de pose (colonne E) et de la fiche de pose du fabricant.
Trois mesures saisies, une cote retenue calculée, une cote de fabrication déduite : aucune valeur recopiée à la main.

4. Le repère : la colonne qui évite les confusions

Sur un chantier à quinze menuiseries, on s'en sort avec « la fenêtre de la cuisine ». À quarante, non. Il faut un système de repères court, unique et stable : M01, M02, M03, sur deux chiffres pour que le tri alphabétique reste correct au-delà de dix.

La règle qui fait toute la différence : le même repère doit exister à quatre endroits — sur le plan, dans la feuille de métré, sur le bon de commande, et sur l'étiquette de la menuiserie livrée. Un repère qui change de forme entre le relevé et la commande (M07 qui devient F7, puis « chambre 2 ») est une erreur de pose en attente.

C'est ce jeu de repères qui permet ensuite de transformer la feuille de métré en document de commande. Ce sont deux documents distincts : la feuille de métré porte les mesures brutes et les observations, la nomenclature ne porte que les cotes validées et les quantités. Le passage de l'un à l'autre est décrit dans le guide tableau de relevé et nomenclature des menuiseries.

La feuille de métré qui se remplit sur le chantier

Aplomb enregistre une menuiserie par repère, calcule la cote retenue et la cote de fabrication selon le type de pose, contrôle les diagonales, et exporte le tout en tableau — sans jamais repasser par une recopie du soir. Ça se saisit d'une main, ça fonctionne sans réseau, et le schéma coté se dessine tout seul.

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5. Cinq règles de tenue du tableau

  1. Une ligne par menuiserie, jamais une ligne par pièce. Deux fenêtres voisines qui « font la même chose » ne font presque jamais la même cote au millimètre. Grouper interdit tout tri et tout repérage à la livraison.
  2. Tout en millimètres, en nombres entiers. Pas de virgule, pas de « 1,20 m », pas d'unité tapée dans la cellule : une cote suivie de « mm » devient du texte et casse toutes les formules.
  3. Jamais de cellule vide sur une colonne de contrôle. Une case vide se lit comme « pas d'anomalie » alors qu'elle signifie « pas mesuré ». Mettez un tiret ou une couleur, et faites la différence explicitement.
  4. La colonne observation n'est pas facultative. Appui à reprendre, épaisseur de doublage, tapée à prévoir, coffre de volet roulant conservé : ce sont ces lignes qui font la différence entre un chiffrage tenu et un avenant.
  5. Une seule version du fichier. « métré_chantier_V3_final_LG.xlsx » circulant par e-mail est la première cause d'écart entre ce qui a été relevé et ce qui a été commandé.

6. Là où le tableur lâche : la recopie du soir

Il faut le dire honnêtement : une feuille de métré à vingt-et-une colonnes ne se remplit pas sur un chantier. Elle se navigue mal sur un téléphone, mal au clavier tactile, et pas du tout avec un mètre dans une main et une lampe dans l'autre. Dans les faits, le déroulé est presque toujours le même : on note au carnet ou sur les fiches papier pendant la journée, et on saisit le tableur le soir, au bureau.

C'est là que le problème se déplace sans disparaître. Le tableur fiabilise le calcul — les MIN, les écarts, les corrections de pose — mais il n'a aucune prise sur la ressaisie. Une ligne décalée d'un cran, un 1198 lu 1189, une hauteur reportée sur la mauvaise ligne : ces erreurs-là traversent toutes les formules sans jamais déclencher d'alerte, parce que la valeur fausse est parfaitement plausible. Et une menuiserie sur mesure mal cotée ne se reprend pas.

La seule façon de supprimer cette erreur, c'est de supprimer l'étape : saisir la cote une fois, à l'endroit où on la lit, et laisser le tableau se construire à partir de là. C'est le raisonnement développé dans notre guide sur le relevé de cotes menuiserie sur tablette et mobile, et c'est aussi pourquoi le pilier du site insiste autant sur la vérification des cotes avant de quitter le chantier : ce qui n'est pas contrôlé sur place ne se rattrape plus au bureau.

Questions fréquentes

À partir de combien de menuiseries faut-il passer au tableur ?
En pratique, la bascule se fait autour de dix ouvertures. En dessous, une fiche par menuiserie reste plus rapide et plus lisible sur le chantier. Au-delà, on a besoin de trier, de compter les menuiseries identiques et de vérifier qu'aucun repère ne manque : ce sont des gestes de tableur, pas de papier.
Quelles colonnes doit contenir une feuille de métré menuiserie ?
Au minimum : repère, niveau et pièce, type de menuiserie, type de pose, matériau et coloris, les trois largeurs et les trois hauteurs mesurées, les deux diagonales, la largeur et la hauteur retenues, le contrôle d'équerrage, les cotes de fabrication calculées, le sens d'ouverture, le vitrage et les options, et une colonne d'observation chantier.
Quelle formule Excel pour retenir la plus petite cote ?
Si les trois largeurs sont en F, G et H, la largeur retenue s'écrit =MIN(F2:H2), et la hauteur retenue =MIN(I2:K2) si les trois hauteurs sont en I, J et K. On saisit les trois mesures et on ne calcule jamais de tête : la colonne retenue doit être une formule, jamais une valeur tapée.
Comment calculer la cote de fabrication dans le tableur ?
En posant les corrections sur un onglet séparé, une ligne par type de pose, avec une correction en largeur et une correction en hauteur exprimées en millimètres et signées. La cote de fabrication devient alors une recherche : la cote retenue plus la correction associée au type de pose de la ligne. Les valeurs de correction viennent de la fiche de pose du fabricant, jamais d'une règle universelle.
Peut-on remplir une feuille de métré Excel directement sur le chantier ?
Rarement dans de bonnes conditions. Un tableur à vingt colonnes se navigue mal sur un téléphone, mal au clavier tactile, et pas du tout avec un mètre dans l'autre main. Dans les faits, la feuille se remplit le soir au bureau à partir d'un carnet — et c'est exactement là que naissent les erreurs de recopie.
Feuille de métré ou nomenclature : est-ce la même chose ?
Non. La feuille de métré est le document de travail du relevé : elle contient les mesures brutes, les écarts et les observations de chantier. La nomenclature est le document de sortie, destiné à l'atelier ou au fournisseur : elle ne contient que les cotes de fabrication validées, les quantités et les options. L'une nourrit l'autre.
Faut-il une ligne par menuiserie ou une ligne par pièce ?
Une ligne par menuiserie, toujours, même quand deux fenêtres d'une même pièce semblent identiques. Deux ouvertures voisines ne font presque jamais la même cote au millimètre, et regrouper interdit tout tri, tout comptage et tout repérage à la livraison.
Comment repérer les menuiseries dans le tableau ?
Avec un repère court, unique et stable, du type M01, M02, M03. Le même repère doit figurer sur le plan, dans la feuille de métré, sur le bon de commande et sur l'étiquette de la menuiserie livrée. Un repère qui change de forme en cours de chantier est une erreur de pose en attente.

Quarante menuiseries, zéro ressaisie.

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