Aplomb
Fonctionnalités Ouvrir l'app Créer mon compte
Guide · Documents du relevé

Tableau de relevé et nomenclature des menuiseries : du chantier au bon de commande

Un relevé finit toujours au même endroit : un tableau. Une ligne par menuiserie, un repère, des colonnes — et au bout, une commande usine. Voici comment construire cette nomenclature de menuiseries pour qu'elle traverse le chantier, le bureau et l'atelier sans être ressaisie ni interprétée.

Aplomb — application de relevé de menuiserie

Ce guide a été écrit avec des menuisiers poseurs, à partir de relevés réels de chantier. Notre métier : faire que la cote prise sur place arrive juste à l'atelier.

🗓️ Mis à jour le ⏱️ Lecture 7 min 🔧 Menuisiers, métreurs & conducteurs de travaux 📋 Relevé → commande

Au sommaire

  1. Feuille de métré, nomenclature, bon de commande
  2. Le système de repères : M01, M02, et le fil rouge
  3. Les colonnes d'un tableau qui vaut bon de commande
  4. Quelle cote écrit-on dans la colonne dimensions ?
  5. Vitrage, quincaillerie, finition : les colonnes qu'on bâcle
  6. Un exemple de nomenclature remplie
  7. La ligne de commentaire chantier
  8. Les contrôles avant d'envoyer à l'usine
  9. Du relevé au tableau, sans double saisie
  10. Questions fréquentes

Ce tableau porte trois noms selon la main qui le tient. Tableau de relevé chez le poseur qui rentre du chantier. Nomenclature des menuiseries au bureau d'études ou chez le conducteur de travaux. Bon de commande chez le fabricant. C'est le même document à trois stades de maturité — et chaque passage d'une main à l'autre est une occasion de perdre une information ou d'en inventer une.

L'enjeu n'est donc pas de faire un beau tableau. Il est de faire un tableau dans lequel rien ne se déduit : ni la nature de la cote, ni le côté des paumelles, ni le coloris de la face extérieure. Tout ce qui se déduit finit par se déduire faux, un vendredi soir, par quelqu'un qui n'était pas sur le chantier.

1. Feuille de métré, nomenclature, bon de commande : qui fait quoi

Les trois documents se ressemblent et ne servent pas à la même chose. Les confondre, c'est soit envoyer des brouillons à l'usine, soit refaire trois fois le même travail.

La feuille de métré

L'outil de collecte. On y écrit ce qu'on mesure, y compris les trois valeurs de largeur, les trois de hauteur, les diagonales et les doutes. C'est un document de terrain, raturé, photographié.

La nomenclature

Le document consolidé. Une ligne par menuiserie, une seule cote retenue par dimension, un repère unique. C'est ce qui se chiffre, se commande et se réceptionne.

Le bon de commande

La nomenclature traduite au catalogue du fabricant : gamme, références, coloris RAL, options codées, prix et délais. Il n'ajoute aucune mesure, il en change le langage.

Le modèle de tableau de collecte multi-menuiseries — celui qu'on ouvre le soir pour ressaisir la journée — est traité à part dans notre guide de la feuille de métré menuiserie et son modèle Excel. Ici, on part du principe que le relevé est fait et on s'occupe de ce qui en sort. Si vous en êtes encore à la mesure elle-même, commencez par la méthode complète de prise de cote sur chantier : une nomenclature impeccable construite sur des cotes fausses reste une nomenclature fausse.

2. Le système de repères : M01, M02, et le fil rouge du chantier

Le repère est la colonne la plus importante du tableau, et celle qu'on soigne le moins. C'est pourtant le seul identifiant qui relie le plan, le relevé, la commande, l'étiquette de livraison, le colis sur la palette et le PV de réception. Sans lui, on livre douze fenêtres qui se ressemblent et personne ne sait laquelle va où.

Quelques règles simples, qui coûtent zéro et évitent beaucoup :

Le piège classique : renuméroter le tableau après un ajout de dernière minute. La nouvelle menuiserie s'appelle M15, pas M03 bis inséré au milieu. Sur un chantier où le plan est déjà diffusé et où le fabricant a lancé la production, un décalage de repères se solde par des menuiseries posées au mauvais étage — et personne ne le voit avant le calfeutrement.
PlanM01 RelevéM01 CommandeM01 ColisM01 Un seul repère, du plan à la palette Si le repère change en cours de route, la traçabilité est perdue.
Le repère est le seul lien continu entre le chantier et l'atelier.

3. Les colonnes d'un tableau qui vaut bon de commande

Une nomenclature exploitable tient en une quinzaine de colonnes. Chacune correspond à une question que l'atelier vous posera si elle est vide — et chaque question posée par téléphone, c'est un jour de délai et une réponse donnée de mémoire.

ColonneCe qu'on y écritPourquoi elle existe
RepèreM01, M02, F03…Identifiant unique, reporté sur plan et sur colis
Quantité1, 2, 3…Regroupement autorisé seulement si tout est strictement identique
LocalisationRDC / séjour / façade sudPermet de retrouver la menuiserie sans le plan
DésignationFenêtre 2 vantaux oscillo-battanteDécrit l'ouvrage en clair, avant toute référence catalogue
L × H fabrication1180 × 1350 mmLa cote à fabriquer, en millimètres, jamais en centimètres
Cote tableau relevée1200 × 1370 mmGarde la trace du relevé et rend le calcul vérifiable
Type de poseApplique / feuillure / tunnel / rénovation / dépose totaleConditionne le jeu appliqué et le dormant à commander
Sens d'ouvertureTirant droit, vu de l'intérieurLe point de vue doit être écrit, pas sous-entendu
Vantaux & divisions2 vantaux, imposte fixe 400 mm, allège 0Position des traverses et des meneaux
Matériau & colorisPVC blanc intérieur / gris 7016 extérieurUn bicolore non signalé se fabrique en monocolore
Vitrage4/16/4 FE argon, feuilleté 44.2 côté intérieurSécurité, acoustique et thermique se commandent ici
QuincailleriePoignée alu, serrure 3 points, paumelles réglablesSouvent l'écart de prix le plus important entre deux devis
AccessoiresVolet roulant, coffre, seuil, tapée, grille de ventilationOccupent des dimensions et changent la cote disponible
Commentaire chantierTexte libre : contrainte, accès, défaut relevéLa colonne qui sauve la pose (voir plus bas)
À retenir : une colonne laissée vide n'est pas une colonne neutre. À l'atelier, elle sera comblée par une valeur standard — blanc, tirant droit, vitrage courant — et personne ne vous préviendra. Écrivez « sans objet » plutôt que de laisser blanc : la mention prouve que la question a été posée.

4. Quelle cote écrit-on dans la colonne dimensions ?

C'est la seule ambiguïté qui coûte une menuiserie entière. Deux colonnes distinctes valent mieux qu'une colonne floue : la cote tableau relevée d'un côté, la cote de fabrication de l'autre, chacune avec un intitulé qui ne laisse aucun doute — et l'unité dans l'en-tête, en millimètres.

Le passage de l'une à l'autre dépend du type de pose et du jeu retenu. Nous le détaillons dans le guide dédié à la différence entre cote tableau, cote de fabrication et cote hors-tout, et les tolérances du support qui conditionnent ce jeu sont traitées dans le guide jeu de pose et NF DTU 36.5. Retenez simplement, pour votre tableau : la valeur du jeu appartient au système du fabricant, elle doit être appliquée une seule fois, et il faut pouvoir dire qui l'a appliquée — vous ou l'usine. Un jeu déduit deux fois, c'est une menuiserie trop petite de 20 mm.

Point de vigilance : ne mélangez jamais deux natures de cote dans la même colonne, même en le signalant par une note de bas de tableau. Sur un chantier de trente menuiseries, la note de bas de tableau n'est pas lue.

5. Vitrage, quincaillerie, finition : les colonnes qu'on bâcle

Les cotes sont vérifiées trois fois. Les options, presque jamais — et ce sont elles qui déclenchent les avoirs.

Le vitrage

Notez la composition, pas seulement « double vitrage ». La distinction entre un vitrage courant, un feuilleté de sécurité et un vitrage acoustique renforcé se joue sur une ligne de tableau. Précisez aussi de quel côté se trouve le feuilleté : intérieur pour la sécurité des personnes, extérieur pour l'anti-effraction, ce n'est pas le même produit.

La quincaillerie

Type de manœuvre (poignée, béquille, crémone), nombre de points de fermeture, type de paumelles, présence d'un limiteur d'ouverture ou d'une entrebâilleur. C'est ici que se logent les écarts de prix entre deux propositions apparemment identiques — et ici que le client remarque la différence, parce qu'il touche la poignée tous les jours.

La finition

Coloris intérieur et coloris extérieur, dans deux cases distinctes. Un bicolore noté dans une seule case est presque toujours fabriqué en monocolore. Ajoutez la texture (lisse, grainée) et, pour le bois, la nature du produit de finition et le nombre de couches — un bois livré brut alors qu'il était prévu fini, c'est deux jours d'atelier imprévus.

La nomenclature qui sort du relevé, pas d'une ressaisie

Dans Aplomb, chaque menuiserie relevée porte son repère, ses cotes et ses options. Le tableau récapitulatif du chantier se construit au fur et à mesure, et s'exporte en PDF ou en tableur avec les schémas cotés repère par repère. Rien n'est retapé le soir : ce que vous avez saisi devant l'ouverture est ce que lit l'atelier.

Essayer Aplomb gratuitement

6. Un exemple de nomenclature remplie

Voici à quoi ressemblent trois lignes d'un tableau de relevé prêt à partir. Les valeurs sont illustratives : elles montrent le niveau de précision attendu, pas des cotes à reprendre.

Rep.QtéLocalDésignationL × H fab. (mm)PoseOuvertureColoris int. / ext.Observation
M011RDC séjour Coulissant 2 vantaux alu 2380 × 2150 AppliqueGalandage non — 1 vantail mobile côté gauche Blanc 9016 / gris 7016 Seuil PMR. Appui à reprendre, désaffleurement 8 mm relevé.
M022RDC ch. 1 et 2 Fenêtre PVC 1 vantail OB 780 × 1150 Rénovation
(dépose partielle)
Tirant droit, vu de l'intérieur Blanc / blanc Ancien dormant bois conservé, sain. Tapée 100 mm.
M031R+1 palier Fenêtre PVC 2 vantaux + imposte fixe 1180 × 1660 Dépose totaleTirant droit, vu de l'intérieur Blanc / blanc Imposte 400 mm. Diagonales : écart 14 mm, calage à prévoir.

Chaque ligne devrait être accompagnée de son schéma coté et d'au moins une photo de l'ouverture, référencés par le même repère. Un tableau sans croquis se relit mal ; un croquis sans tableau ne se commande pas.

7. La ligne de commentaire chantier

C'est la colonne que les modèles gratuits oublient, et c'est celle qui a le plus de valeur. Le commentaire n'intéresse pas l'usine : il intéresse le poseur qui reviendra dans six semaines, et qui n'aura ni le souvenir ni le temps de refaire le tour.

Ce qu'on y met, concrètement :

Le bon réflexe : tout ce que vous vous dites à voix haute devant l'ouverture — « attention, celle-là il faudra reprendre l'appui » — appartient à la colonne commentaire. Si ça ne s'écrit pas, ça n'existera plus au moment de la pose.

8. Les contrôles avant d'envoyer à l'usine

La nomenclature est un document qui engage. Cinq minutes de relecture méthodique avant l'envoi valent mieux qu'un avoir négocié trois semaines plus tard.

  1. Comptez. Somme des quantités du tableau = nombre de menuiseries sur le plan. C'est le contrôle le plus bête et celui qui attrape le plus d'oublis.
  2. Vérifiez l'unicité des repères. Un doublon de repère dans un tableur se repère en trente secondes et se paie très cher en livraison.
  3. Relisez la colonne des cotes en diagonale. Une valeur qui détonne dans une colonne de cotes voisines est presque toujours une faute de frappe : un 1180 devenu 1080, un chiffre inversé.
  4. Contrôlez les sens d'ouverture par paires. Sur deux fenêtres symétriques, deux « tirant droit » sont suspects.
  5. Traquez les cases vides et remplacez-les par une valeur ou par « sans objet ».
  6. Vérifiez la cohérence pose / cote. Une ligne « dépose totale » avec une cote manifestement prise à l'intérieur d'un ancien dormant est une erreur de nature de cote.

Ces contrôles couvrent les défauts qui naissent dans le tableau. Ceux qui naissent devant l'ouverture — mesure unique, ouvrant mesuré à la place du dormant, coffre de volet oublié — sont recensés dans notre guide des erreurs de prise de cote qui coûtent une menuiserie, et la méthode de mesure elle-même reste celle du guide complet du relevé sur chantier.

9. Du relevé au tableau, sans double saisie

Le circuit classique compte deux ressaisies : du carnet vers le tableur, puis du tableur vers le configurateur du fabricant. Chacune est une occasion de sauter une ligne, de décaler une colonne ou de recopier la cote de M04 sur la ligne de M05. C'est une erreur silencieuse : rien ne la signale, et elle ne se découvre qu'à la livraison.

La parade tient en un principe : la donnée doit être saisie une fois, à l'endroit où on l'observe, c'est-à-dire devant l'ouverture. Le tableau n'est alors plus un document qu'on rédige, mais une vue de ce qui a été relevé — trié par repère, exportable, et toujours à jour. C'est ce que fait une application de relevé de cotes sur tablette ou mobile : les cotes, le repère, la pose et les options entrent une fois, le récapitulatif du chantier se construit tout seul, et l'export part à l'atelier avec les schémas cotés.

Honnêtement : aucun outil ne dispense de vérifier. Il supprime la recopie, pas la réflexion. Mais sur un chantier de vingt menuiseries, supprimer la recopie supprime déjà la moitié des reprises.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une nomenclature de menuiseries ?
C'est le tableau récapitulatif de toutes les menuiseries d'une opération : une ligne par menuiserie, un repère unique, la quantité, la localisation, les dimensions, le type de pose, le sens d'ouverture, le vitrage, la quincaillerie et la finition. C'est le document de sortie du relevé, celui à partir duquel on chiffre, on commande et on réceptionne.
Quelle différence entre une feuille de métré et une nomenclature ?
La feuille de métré est l'outil de collecte : on y note ce qu'on mesure sur le chantier, y compris les trois valeurs de largeur et de hauteur et les hésitations. La nomenclature est le document consolidé qui en sort : une seule cote retenue par dimension, arbitrée, et une ligne propre par menuiserie. La première sert au relevé, la seconde sert à la commande.
Comment numéroter les menuiseries sur un chantier ?
Avec un repère court et unique, du type M01, M02… ou F01 pour les fenêtres et P01 pour les portes. On numérote dans un ordre constant, niveau par niveau, et on reporte le même repère sur le plan, sur le relevé, sur l'étiquette de livraison et sur le PV de réception. Un repère attribué ne se réutilise jamais pour une autre menuiserie.
Quelles colonnes doit contenir un tableau de relevé de menuiseries ?
Au minimum : repère, quantité, localisation, désignation, largeur et hauteur avec la nature de la cote, type de pose, sens d'ouverture, vantaux et divisions, matériau et coloris intérieur et extérieur, vitrage, quincaillerie, accessoires (volet, seuil, tapée, grille) et une ligne de commentaire chantier. Une colonne vide est une question qui reviendra de l'atelier.
Faut-il écrire la cote tableau ou la cote de fabrication dans la nomenclature ?
Les deux peuvent figurer, mais jamais dans la même colonne sans en préciser la nature. La règle est d'avoir une colonne dont l'intitulé lève toute ambiguïté, par exemple « L × H fabrication (mm) », et de garder la cote tableau relevée dans une colonne distincte. Un tableau où l'on ne sait pas quelle cote on lit est un tableau dangereux.
Peut-on envoyer une nomenclature Excel directement à l'usine ?
Beaucoup de fabricants l'acceptent en pièce jointe d'une commande, mais presque aucun ne l'intègre automatiquement : quelqu'un ressaisit vos lignes dans le configurateur. C'est pourquoi la nomenclature doit être complète et non ambiguë, et accompagnée des schémas cotés repère par repère. Certains réseaux imposent leur propre bordereau : demandez-le avant de construire le vôtre.

Votre prochain chantier, relevé et récapitulé au même endroit.

Repères, cotes, pose, options : saisissez une fois sur le chantier, exportez le tableau et les schémas cotés pour l'atelier. Gratuit, sans carte bancaire.

Créer mon compte gratuitement